Vive les écoles libres!
Aujourd’hui quel bonheur en lisant l’article de Marie Allard dans la Presse à propos d’un collectif qui dénonce le total manque de libertés dans les écoles publiques québécoises.
L’an dernier l’ADQ a fait l’erreur de promouvoir la fermeture des commissions scolaires sans réellement mettre l’accent sur les bénéfices d’une plus grande liberté d’action pour chacun des établissements. Une option radicale qui n’a pas plu à l’opinion publique suite à un très mauvais spin. Ils auraient dû faire l’éloge de la liberté et de la décentralisation du système d’éducation québécois et une fois la population en accord avec un tel principe proposer des solutions plus directs.
Je ne connais personne dans mon entourage, qu’il soit de gauche ou de droite, qui ne soit pas d’accord avec l’idée de donner plus de pouvoir aux directeurs d’écoles et professeurs. Alors qu’est-ce qu’on attend?

Ta réflexion est très intéressante et mérite que chaque citoyen s’interroge sur le type d’enseignement qu’il désire offrir à son enfant. Trop souvent, les enseignants se retrouvent à annuler des activités qui leur tiennent à coeur par manque de budget, d’accompagnateurs ou tout simplement parce que la démarche afin d’y arriver croûle sous le poid de la bureaucratie.
Ayant personnellement fréquentée d’autres milieux scolaires (système Suisse et Français), il est indéniable de dire que les enseignants non pas la reconnaissance juridique et sociale nécessaire afin de rendre leur démarche d’enseignement plus captivante… plus près de la réalité extrascolaire des enfants. Là n’est pas l’un des objectifs de notre tant aimée réforme?
Le projet des écoles communautaires est une bonne solution avant l’abolition des commissions scolaires qui, selon moi, n’est pas la porte d’entrée à un système d’éducation de qualité. Il faut promouvoir l’implication et la participation des citoyens à la vie scolaire. Abolir les commissions scolaires ne feraient qu’alourdir le travail des directions d’école.
Tout tient,à mon avis, dans ce proverbe africain qui dit: “Pour qu’un enfant grandisse, il faut tout un village.”
Elise Bernard
Jeune enseignante nouvellement arrivée dans le domaine de l’enseignement et qui s’interroge à savoir si elle n’effectuerait pas le passage public/privé…
Salut Élise,
Crois-tu que les professeurs et directeurs d’écoles privés ont beaucoup plus de travail que ceux évoluant dans des commissions scolaires?
Selon toi est-ce que la paperasse liée aux programmes publiques du gouvernement et des commissions scolaires accaparent un gros % du travail des directions d’écoles publiques?
Phil
C’est drôle… J’en discutais justement avec ta mère lors de ton souper d’anniversaire. Malheureusement pour moi, les professeurs des écoles privées ont davantage de tâches connexes à leur classe (ex. implication dans divers comités)et le salaire est moins élevé. Par contre, leur enseignement semble plus allégé puisqu’ils gèrent moins de troubles de comportements et tout ce qui va avec. Dès lors, ils peuvent davantage se concentrer sur l’enseignement en tant que tel. Enfin, c’est l’idée que la majorité des gens en enseignement véhicule. Par contre, ta mère me signalait que de plus en plus, les écoles privées acceptent des enfants qui nécessitent plus d’accompagnement puisqu’ils ont de la difficulté à remplir les classes. Les parents s’offusquent d’ailleurs beaucoup face à cette tangente que prennent les écoles privées. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il y a énormément d’enseignants qui passent de l’enseignement privée au public.
Pour ce qui est de l’autre question… Je crois que les directions d’école ont énormément de paperasses administratives à gérer. Il est très difficile pour les enseignants de rencontrer la direction durant les heures de classe. Comme suppléante, je n’envisage pas d’envoyer un élève chez le directeur puisque celui est probablement absent. Mon meilleur ami en gestion de crise est le T.E.S qui, si je suis chanceuse est à l’école cette journée là. Honnêtement, j’entame tout juste ma carrière dans le monde de l’éducation et je me motive à croire qu’un jour, nous repenserons à la structure de notre système d’éducation. Son fonctionnement ne répond tout simplement pas aux besoins criants des enseignants et des élèves.
Je ne peux malheureusement que te faire part de mes observations qui je le crois restent à valider… En espérant que les choses finiront par bouger sans, cette fois-ci,vouloir tout révolutionner!
Elise
P.S Crois-tu en l’intégration des élèves en difficulté dans les classes du
régulier? Devrait-on retourner à des classes ou même des écoles
spécialisées? Est-ce que l’intégration des élèves en difficulté est plus
une solution politique ou pédagogique? Savais-tu que le budget en
adaptation scolaire des commissions scolaires est le double de celui
consacré à l’établissement des programmes d’enseignement. Je m’interroge
beaucoup sur ce sujet, car malheureusement plusieurs enfants en paient le
prix.C’est triste à voir!
Que penses-tu de l’intégration des élèves en difficulté dans les classes du régulier?
Salut Élise,
Mon point de vue est plus simpliste. N’étant pas un éminent pédagogue et ne croyant pas ceux qui prétendent l’être, j’aborde le problème d’une manière différente.
Actuellement on procède à des tests (réforme) sur l’ensemble de la population. Si ils échouent toute une génération écope.
Si on multiplie le nombre de tests on a beaucoup plus de chance de trouver des solutions qui fonctionnent. Ayant moi même fréquenter une école dans la marge au primaire (pédagogie Freinet) je peux affirmer haut et fort que la différence ne tue pas. Au contraire elle permet d’innover.
Chaque école de manière communautaire et démocratique devrait pouvoir orienter sa pédagogie comme elle le veut. Seuls les tests de fin d’année devraient être régie par le gouvernement. Au fil du temps des écoles se démarqueraient des autres et influenceraient l’ensemble du monde de l’éducation positivement.
Le ministère et le gouvernement devrait créer des outils optionnels mais ne devraient jamais les imposer.
Phil
Je trouve le sujet plus qu’intéressant car j’ai moi-même fréquenté une école privée (l’école Steiner à Toronto).
Je crois toutefois que les écoles doivent être encadrées pour éviter les dérapages qui pourraient nuire à certains enfants.
Il faut que les écoles offrent des chances égales à tous d’avoir une formation adéquate.
Les écoles publiques dans leur forme actuelle ont été créées pour réduire les inégalités sociales mais ce système n’a pas le succès escompté. Dans certains quartiers pauvres de Montréal, comme à Verdun, il y a un si grand nombre d’enfants défavorisés et d’enfants immigrés que les enseignants peinent suivre le programme. Je connais plusieurs parents plus fortunés résidents de Verdun qui, pour ces raisons, envoient leurs enfants hors du quartier, dans des écoles privées.
Ces écoles privées, qui reçoivent des subventions du gouvernement, ont tout le loisir d’imposer des examens d’entrée pour n’avoir que des groupes d’enfants doués et facile à gérer. Et ainsi on perpétue les différences entre les classes sociales avec leurs problèmes inhérents.
Un système à deux vitesse comme celui-ci est problématique. C’est pourquoi j’appuie votre idée de donner plus de latitude aux écoles mais… avec certaines balises pour qu’elles puissent atteindre des objectifs minimaux.
Au plaisir!
Réduire les inégalités sociales est un but fort louable! Mais ce n’est pas une bonne finalité pour le système d’éducation. Le système d’éducation doit éduquer.
La localisation des écoles segmentent déjà les étudiants selon la richesse de leurs parents. Un étudiant de l’école secondaire de Rochebelle à Saint-Foy provient probablement d’une famille beaucoupe plus riche qu’un élève de la Courvilloise à Beauport. Pourtant ces deux écoles sont dans le réseau publique.
Le réseau privé à cause de sa plus grande liberté d’action n’a pas cessé d’innover et d’influencer.
Pour moi, le débat ne se situ pas entre le privé et le publique. Mais entre la liberté des choix et l’imposition d’une méthode unique.
Aimez-vous mieux vivre dans un monde ou la sauce à spaghetti est régie par une authorité centrale ou dans un monde ou chaque famille peut développer sa propre recette? Vous trouvez l’exemple ridicule mais pensez-y bien! Combiens de jeunes crack de l’informatique, de sportifs, d’artistes ont décrochés de nos écoles parce que la recette unique ne leur convenait pas?
p.s. merci pour votre participation Rielle!